Pour les chauds partisans de l’adhésion de la Suisse à l’UE, l’accord-cadre est un magnifique tremplin vers l’Union Européenne. C’est sans aucun doute pour cette raison qu’ils soutiennent avec tant d’ardeur l’accord-cadre. Dans le même temps, une agence de relations publiques patronnée par l’UE joue les lobbyistes en Suisse pour faire triompher l’accord-cadre. Tout cela devrait nous faire réfléchir.

 

Nous sommes face à une insidieuse adhésion !

Les milieux économiques en particulier présentent l’accord-cadre comme une sorte de « continuation » de la voie bilatérale. L’intégration institutionnelle signifie en fait la fin des relations bilatérales entre la Suisse et l’UE. La Suisse serait condamnée à reprendre sans sourciller l’entier du droit européen et à se conformer dorénavant aux décisions de la Cour européenne de Justice. Cela n’étonne donc personne que les partisans suisses d’une adhésion pleine et entière à l’UE se mettent à rêver en soutenant avec ardeur un accord-cadre parfumé d’adhésion. Le peuple suisse, trompé sur la marchandise, ne va-t-il pas être tout simplement roulé dans la farine ?

 

Un traité d’allégeance !

L’accord-cadre n’est pas conçu comme un partenariat sur pied d‘égalité mais comme une relation de maître à valet, un acte de soumission. Une reprise dynamique et automatique du droit européen en serait la conséquence immédiate. La Suisse ne pourrait nager à contre-courant du flot continu de nouvelles lois de l’UE. Elle serait condamnée à faire le dos rond et s’exécuter. Par ailleurs, l’UE ne manquerait pas, du haut de son pupitre de maître d’école, de dicter à La Suisse la façon de gérer les revenus des impôts. L’indépendance de la Suisse, son pragmatisme et sa façon d’agir et d’être seraient mis au rancart.

 

 « Glaner des expériences » pour faciliter l’intégration

L’association « La Suisse en Europe – Schweiz in Europa » a su communiquer qu’à ses yeux, l’objectif de l’accord-cadre est de permettre à la Suisse : « de glaner un maximum d’expériences pour faciliter l’intégration future de la Suisse à l’Union Européenne. » Pour cette association, l’accord doit juste servir de test d‘entraînement. Ils veulent parvenir à l’adhésion par une porte dérobée qui a pour nom accord-cadre institutionnel. L’argumentaire ressemble à ceci : il n’y a aucun sens à reprendre et appliquer le droit européen et à se soumettre aux décisions de la Cour de justice Européenne sans disposer du droit de s’exprimer et de prendre part aux décisions. Le mieux serait tout simplement d’adhérer.  

 

L’UE met en place ses lobbies en Suisse

Comme l’UE veut à tout prix éviter que la politique suisse, lire démocratie directe, fasse échouer ses « nobles » projets, elle a engagé une entreprise de Lobbying, Steptoe & Johnson LLP de Bruxelles, afin d’inciter le peuple suisse à glisser un OUI dans l’urne au moment voulu. D’autres pratiques nébuleuses de ce type ont semble-t-il déjà été testées aux Etats-Unis, où des nations étrangères auraient tenté d’influencer à leur profit le résultat électoral. Est-ce qu’une telle façon de procéder parle en faveur de l’accord-cadre est une bonne question. L’UE serait-elle contrainte de développer de telles stratégies si l’accord visé était vraiment si correct et bénéfique pour la Suisse ? L’autonomie des citoyennes et des citoyens suisses est sérieusement remise en question.

 

Un camp d’entraînement pour entrer dans l‘UE

Le conseiller fédéral Adolf Ogi décrivait déjà en 1992 l’Espace Economique Européen (EEE) comme « un camp d‘entraînement » pour la Suisse. Ce fut alors l’une des raisons de l’échec de l’EEE dans les urnes. L’accord-cadre institutionnel est hélas bien davantage qu’un simple camp d’entraînement. La démocratie et la liberté de la Suisse seraient sérieusement remises en question et les valeurs qui ont fait ce que nous sommes foulées aux pieds. Et pourtant, nous avons les moyens de refuser de convoler à ce mariage forcé. Par bonheur, nous disposons encore du droit de décider si nous voulons y aller ou pas. C’est pour cela que nous nous engageons avec force et détermination contre une adhésion insidieuse à l’UE et donc contre l’accord-cadre en discussion.

14.04.2019 | 8539 Aufrufe