Les fonctionnaires des associations patronales sont devenus entre temps et comme par miracle les plus ardents défenseurs de l’accord-cadre. Et pourtant, notre rattachement institutionnel à l’Union Européenne (UE) ne saurait qu’affaiblir la place économique suisse. Davantage de bureaucratie et augmentation de l’imposition iraient alors de pair. Ce traité d’assujettissement doit être rejeté par tout entrepreneur au nom justement de la liberté d’entreprendre et de la liberté tout court.  

 

Les prétentions des fonctionnaires 

Certains responsables de l’économie prétendent que le rejet d’un tel traité serait synonyme de repli sur soi pour l’économie suisse. La recherche et la formation en Suisse se verraient exclus de toute collaboration au niveau européen et nous nous trouverions alors déconnectés. Chacun devrait être pourtant conscient que l’économie tout comme la recherche sont continuellement soumis au changement et donc dépendants de bien d’autres facteurs. Comme par exemple des propres capacités financières, de la force d’innovation et du réseautage global. Expériences faites, tous ces éléments ont très bien fonctionné jusqu’à ce jour sans que nous ayons du, d’une façon ou d’une autre, être politiquement et institutionnellement intégrés aux structures de l’UE. Seul celui qui jouit de la liberté peut se montrer flexible, dynamique et réactif face aux changements économiques ou à l’évolution de la société. Nous n’avons pas le droit de risquer de perdre d’un coup ces atouts essentiels. La question qui se pose face à l’accord-cadre est de savoir si oui ou non nous entendons être en mesure de faire face au changement par nos propres forces ou si nous préférons déléguer cette responsabilité à d’autres que nous.   

 

Une économie fortement impactée

C’est même la Fédération Economiesuisse qui, dans un document établi par ses services, apporte la preuve qu’une acceptation de l’accord-cadre entraînerait sans conteste des coûts supplémentaires d’un montant bien difficile à chiffrer. Le fait est qu’une acceptation de l’accord-cadre entraînerait un flux d’argent vers l’étranger. Ce phénomène y favoriserait le gonflement d’une bureaucratie génératrice d’impôts nouveaux, sans omettre les coûts de la réglementation imposés aux entreprises en Suisse. Il faut par ailleurs admettre que, même si la poursuite du versement des contributions de cohésion à l‘UE n’est pas un objet faisant implicitement partie de l’accord-cadre, elle y est présente sous la forme d’une promesse. La pression exercée sur la Suisse ne saurait donc mollir et l’obligation intrinsèque de continuer à verser ces montants forcément respectée.

Ce qui est par ailleurs tout aussi clair, c’est que les coûts dans le domaine de la sécurité sociale prendraient immédiatement l’ascenseur, en particulier dans les domaines de l’aide sociale et de l’assurance chômage. En prime, le développement, voire la prolifération, de commissions ad hoc et autres plateformes d’échanges entre fonctionnaires et parlementaires entraînerait des coûts supplémentaires en frais de voyage, indemnités et autres charges administratives.

 

Des parallèles à tirer par rapport à la votation sur l‘EEE

La rhétorique utilisée lors de la votation sur l’EEE (1992) n’a pas franchement vieilli et présente des analogies évidentes avec celle utilisée pour faire passer l’accord-cadre institutionnel. A l’époque déjà, les partisans de l’EEE n’avaient cesse d’agiter le sceptre d’une récession économique mettant en danger le bien-être de la Suisse et l’avenir de ses entreprises. Que s’est-il alors passé ? Exactement le contraire et ceci grâce à l’indépendance, l’esprit d’entreprise et la flexibilité. Refuser l’accord-cadre ne signifie pas jouer au hérisson et s’isoler de l’UE. Il s’agit bien au contraire de confirmer l’ouverture traditionnelle de la Suisse au monde et à l’Europe sans passer la camisole de force institutionnelle que l’Union Européenne veut nous imposer. On peut opposer un Non de raison à l’intégration dans l’UE en lui préférant une politique économique et culturelle d’ouverture vis-à-vis de tous les pays du globe et du continent européen.

 

Notre prospérité est le fruit de notre indépendance

Notre prospérité durement gagnée n’a pas été le fruit du centralisme et de la dépendance vis-à-vis d’institutions et autres organisations internationales mais bien de notre héritage (ADN) fait de libéralisme et de volonté d’entreprendre. Ouverture économique et indépendance politique ont fait de notre pays ce qu’il est aujourd’hui: aussi fortement attaché à ses racines que parfaitement lié au reste du monde. C’est en demeurant pragmatique que nous saurons au mieux nous mettre au diapason de l’économie globalisée, des entreprises locales et de la stabilité sociale. C’est ainsi que nous avons su défendre notre prospérité et notre propre culture. C’est à cela que nous devons nous tenir en nous opposant à l’accord-cadre institutionnel que l’Union Européenne veut à tout prix nous imposer.

Comité romand NON à l’adhésion insidieuse à l‘UE

14.04.2019 | 5764 Aufrufe