Entre les passes d’armes autour de l’improbable accord-cadre conçu par l’UE pour mieux « intégrer » la Suisse et les disputes ayant accompagné la définition de la politique migratoire du gouvernement allemand, l’observateur attentif aura forcément buté sur un concept que les médias suisses ont savamment « occulté ».

Ce concept se nomme « Dublin IV ». Il présente les nouveautés contenues dans une quatrième révision du traité de Dublin voulue par l’UE. Un acte qui fixera la politique migratoire et de l’asile de l’UE. En clair, tout ce qui déterminera à l’avenir la politique en la matière des autres états signataires du traité de Schengen, et donc de la Suisse, dépend de cette révision.

 

L’accord de Schengen et l’accord de Dublin

Pour rappel : l’Accord de Schengen a supprimé le contrôle aux frontières intérieures entre les Etats signataires. En échange, des contrôles rigoureux devaient être mis en place aux frontières extérieures de l’UE afin de les sécuriser et faire face aux menaces d’immigration massive.

« Frère jumeau » de l’Accord de Schengen, l’Accord de Dublin fut conçu puis signé par la suite. Cet accord, toujours valable, stipule que le processus de demande d’asile formulée par un réfugié doit se dérouler dans le premier pays signataire de l’Accord de Schengen dont il a franchi la frontière.

 

Inapplicable

Les deux accords, aussi bien celui de Schengen que celui de Dublin, se sont révélés être des instruments inapplicables dès lors qu’Angela Merkel, par un acte impromptu, téméraire et personnel, a mis en place une « culture de l’accueil » (Willkommenskultur) qui ouvrit toute grande la porte de l’Europe – Suisse comprise – à une immigration de masse aux dimensions insaisissables.   

 

Les efforts de révision de Bruxelles

L’échec ainsi révélé des accords de Schengen/Dublin – actuellement c’est le protocole additionnel « Dublin III » qui est appliquée – entraîna les fonctionnaires de l’UE à mettre en place une planification de révision sous le titre « Dublin IV ». Le concept ainsi élaboré – apparemment sans que l’opinion de la Suisse ait été prise en compte ou publiquement évoquée – a été entre temps approuvé dans ses grandes lignes par le Parlement européen. Actuellement, c’est le Conseil des ministres – de fait les ministres techniquement en charge des dossiers de chacun des pays de l’accord de Schengen - qui seraient à l’œuvre.

 « Dublin IV » prévoit des nouveautés décapantes : chaque migrant franchissant une frontière extérieure de l‘UE et s’annonçant requérant d’asile peut ou doit, en vertu du protocole additionnel « Dublin IV », annoncer dans quel pays de l’espace Schengen des membres de sa parenté, certains de ses amis ou « d’autres relations » résident déjà. Le requérant est alors en droit d’être transféré, respectivement transporté, immédiatement dans le pays mentionné par lui. Ce pays doit lui accorder le droit d’y résider et traitera par la suite sa demande d’asile.

Les habitants ou citoyens du pays choisi par le requérant d’asile n’ont strictement rien à dire quant au choix de son domicile. Ils ont juste le droit – on en a du moins le sentiment – d’être heureux de ne pas avoir à être bientôt chassés de leur propre pays parce que bien des nouveaux venus, libres de leur choix de résidence, trouvent eux aussi agréable l’emplacement cher à leur cœur. 

 

Liberté d‘établissement

 « Dublin IV » conduit de facto à la liberté d’établissement pour tous les migrants qui se déclarent requérants d’asile – hélas bien souvent de faux requérants. De plus, Dublin IV permet à des groupes entiers jusqu’à trente personnes de formuler collectivement une demande d’asile. C’est la fin des demandes individuelles: celui qui demande d’entrer doit être autorisé à le faire sans condition. La liste jusqu’ici utile des « pays d’origine sûrs » doit disparaître suite à la décision de l’UE. Une décision rendant bien plus difficile les renvois, voir les empêcher. Chaque personne soumise à une décision de renvoi - y compris de graves criminels – peut d’ailleurs faire recours contre la décision auprès d’un tribunal. Des « avocats gratuits », de fait rétribués par les contribuables, sont disponibles en masse.

Chaque Etat ayant adhéré à l’Accord de Schengen est en plus astreint d’informer chaque nouvel arrivé dans sa langue sur tous les droits dont il dispose. Ceci même si, dans le pays choisi pour y déposer sa demande d’asile, personne ne connaît la langue mentionnée comme maternelle. Les décisions judiciaires prises à son égard ne sont valables que si elles lui sont présentées dans sa langue. Chaque nouveau requérant d’asile a par ailleurs le droit qu’une commission composée de trois personnes - un responsable, un traducteur et un « transmetteur culturel » - se penche sur son cas personnel.

 

L’immigration de masse sera dictée par Bruxelles

C’est bien cela que les idéologues de l’UE veulent imposer à toute l’Europe. Le Parlement européen a déjà approuvé ce projet.

L’idée première de l’Accord de Schengen était que la procédure de demande d’asile soit traitée immédiatement dès le passage de la frontière extérieure. Elle est aujourd’hui caduque. « Dublin » ne protège plus de l’immigration de masse. Cet accord conduit bien au contraire les états européens à tolérer, accepter et mettre en place l’immigration. Seule une personne assez stupide choisirait aujourd’hui le chemin normal et légal pour immigrer car les fonctionnaires de l’UE leur proposent des solutions combien plus simples sur la base de documents d’asile souvent douteux.

De nouvelles perspectives commerciales attractives s’ouvrent aux passeurs de tout poil : à la vente de faux papiers pratiquée jusqu’à ce jour s’ajoute la vente d’adresses « prouvant » que l’immigrant dispose d’un « réseau d’amitiés », de membres de sa famille et « autres types de relations » à faire valoir. Les mêmes passeurs « accompagnent » ainsi les migrants jusqu’à un point de la frontière extérieure de l’UE où ils informent les représentants des autorités compétentes sur le choix de leur futur pays de résidence pour y être acheminés.

 

Pas un fantasme

« Dublin IV » n’est pas une sorte de fantasme pour migrants déphasés rêvant d’accéder, et pour certains de régler son compte, à l’Occident chrétien (Abendland). Cet accord est un projet de l’UE en voie de réalisation et dûment approuvé par le Parlement européen.

Avec « Dublin IV », ce sont la Suisse, l’Allemagne et quelques autres pays en petit nombre qui seront attractifs pour les migrants alors que d’autres, moins bien lotis, tels la Roumanie ou la Bulgarie, n’auront pratiquement aucun requérant d’asile à accueillir sur leur territoire. Les fonctionnaires de l’UE, de pair avec leurs hiérarchies politiques au Parlement et au Conseil des ministres de l’Union Européenne, singent les dictateurs et balaient d’un revers de main les droits politiques établis des citoyennes et des citoyens des pays signataires de Schengen. La démocratie directe en Suisse sera jetée avec perte et fracas aux oubliettes de l’Histoire par des fonctionnaires de l’UE obsédés d’immigration. 

 

La conseillère fédérale Sommaruga sait pertinemment de quoi il s‘agit

Le Département de Simonetta Sommaruga est sans aucun doute parfaitement au courant de l’état de préparation avancé du protocole additionnel « Dublin IV ». Il est ainsi fidèle à une politique cachotière de toutes les conséquences pour la Suisse de la mise en place de cet accord. Notre ministre de la justice se fait ainsi complice de ceux qui veulent priver notre pays et ses citoyennes et citoyens de leurs droits en matière de politique migratoire.

C’est en observant ce qui se passe avec « Dublin IV » que chaque citoyenne et chaque citoyen peut se faire une idée de ce qui peut se produire dans le cadre de l’accord-cadre que Bruxelles veut nous imposer : abolition totale des droits citoyens, destruction de la démocratie directe, immigration de masse concoctée par Bruxelles. 

Celui qui, en toute bonne foi, persiste à rester attaché à la libre circulation des personnes prête finalement la main à ceux dont la volonté est de priver complètement et définitivement les citoyennes et citoyens de leurs droits en matière de législation sur l’immigration. Des droits qui seront alors transférés à Bruxelles. L’accord-cadre est bien le liquidateur de notre démocratie directe.  

 

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10.08.2018 | 122 Aufrufe